IMG_6314Tous ces petits cochons pour vous dire qu'aujourd'hui, aller au salon du cheval était un peu galère...mais enfin, pour la bonne cause. Près de 600 tracteurs dans les rues de Châlons, impressionnant ! ambiance bon enfant et l'organisation était bien ficelée.

Pour en revenir au salon du cheval, voici un particle paru sur l'UNION sur JF Pignon :

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE. Au cinéma, dans « Danse avec lui », l'homme est taciturne. Aux abords des paddocks, Jean-François Pignon est tout le contraire. Rencontre.

Il est libre, Jean-François Pignon. Libre dans sa tête, dans ses mouvements, dans sa passion aussi. Cette Libertad qui donne son titre à l'un de ses spectacles, il la savoure tous les jours. C'est une découverte récente. Une révélation. Elle l'a profondément transformé, au point qu'il en parle avant de parler d'autre chose. Des chevaux, de son travail, de ses projets. Jean-François Pignon a rencontré Dieu et l'ancien Jean-François Pignon aurait été le premier à rire de cette formule. C'est pourtant ce qui s'est passé un jour que sa jument fétiche, sa « copine » comme il dit, risquait bien d'y passer. Un ami lui a proposé de prier pour sa guérison. Le Jean-François d'avant s'est moqué, a ironisé, puis il a prié. Et elle s'est rétablie. C'était il y a neuf ans. Une nouvelle naissance.
Humilité
« J'aime bien ne plus me prendre au sérieux. » La formule interpelle. Le long d'un pré, aux haras du Bourgeonet à Chenay, Jean-François Pignon se raconte volontiers. C'est la seconde fois qu'il vient dans la Marne animer un stage de dressage. Les passionnés de chevaux le connaissent. Ceux qui étaient branchés sur France 2 dimanche dernier aussi puisqu'il tenait un rôle dans le film « Danse avec lui » de Valérie Guignabodet.
En 2000, Jean-François Pignon s'est révélé à lui-même et le résultat est saisissant pour ceux qui l'ont connu « avant ». « J'ai commencé jeune à avoir du succès et ça m'est rapidement monté à la tête. Ma conversion à Dieu m'a fait réaliser combien je pouvais être à côté de la plaque. » Son rapport aux autres a changé.
Son rapport aux chevaux aussi. « Je n'osais même pas imaginer que je découvrirais ces sensations avec mes chevaux. Je ne suis qu'au début d'une découverte. Il faut que je m'imprègne d'humilité et c'est mon point faible !




Du jour au lendemain, Jean-François Pignon n'est pas devenu béat et n'a pas changé de méthode pour travailler un cheval. Mais il sait maintenant, avec une totale certitude, qu'on ne triche pas avec un cheval. « Le cheval n'est pas aussi intelligent que l'être humain, mais il est doté de pouvoirs que nous ne pouvons pas imaginer. On ne peut pas lui mentir. On ne peut pas avoir de la haine au fond du ventre. Cela empêche de s'investir complètement. »
Jean-François Pignon assume les contradictions. Entre l'ancien et le nouveau. Entre le mot « dresseur », qui est le seul à pouvoir caractériser son métier et « en liberté » qui est la manière avec laquelle il fait travailler ses chevaux. « On a peur des mots. Moi je dis à mes stagiaires qu'avec le cheval, on doit prendre notre rôle de dominant. Pour faire de lui un copain. Ce n'est pas péjoratif. On doit être ferme avec son cheval. La fermeté devient brutalité quand elle perd de sa justesse. »
Spiritualité
Amoureux des belles postures, le dresseur l'est aussi des belles tournures. Certaines phrases de « Danse avec lui » l'ont marqué : « On donne quoi quand on ne donne pas son temps ? » Il en puise nombre d'autres dans la Bible. « Aimez-vous les uns les autres. C'est facile avec les uns, toujours plus difficile avec les autres, n'est-ce pas ? », lance-t-il. Quand il ne parle pas de ses juments, Jean-François Pignon parle spiritualité. Et de ses projets aussi. Ses spectacles tournent, il enchaîne les stages, fait de brefs passages à Nîmes pour embrasser femme et enfants, repart sur les routes, écrit. Il a terminé le scénario d'un film. SON film. Il y racontera sa vie, sa conversion, y délivrera son message. Il est comme ça, il se sent investi d'une mission. Pas clairement prosélyte. Ou alors naïvement. Parce qu'il a découvert un amour si grand qu'il veut en redistribuer à tout un chacun.
Stéphanie VERGER